Je vous souhaite
Je vous souhaite
De rencontrer chaque jour un poète ou une funambule « suspendue sur un fil de neige ».
D’entreprendre de nombreux voyages, de ceux qui ouvrent l’esprit à toutes les incertitudes.
De lire 365 livres passionnantes, de « ces livres qui vous lisent » dirait Armand Gatti.
De ne renoncer ni à l’enfance, ni à ses appétits démesurés.
D’être là où on ne vous attend pas.
D’ignorer les déviations, de forcer les barrages et d’emprunter les routes en chantier.
De ne jamais vous débarrasser de vos obstinations, fussent-elles solitaires.
De vous laisser aller sur des voies inconnues, toutes affaires cessantes.
De ne pas pactiser avec la routine, le confort, l’ennui, l’installation, la reconnaissance ou la notoriété.
De garder en mémoire que la peur fait partie de toutes les aventures et que « ce n’est que lorsqu’une œuvre artistique est achevée qu’on commence à y voir clair ».
De rester locataire des lieux, une valise à portée de la main et de laisser aux propriétaires les charges de l’usure.
D’éviter d’être heureux à tout prix dans un fauteuil de velours quand on ne peut être vivant sur un tabouret en bois.
De semer des étoiles pour l’avenir à tous vents plutôt que de collectionner les poussières du passé.
De jeter l’argent par les fenêtres si elles sont ouvertes sur le monde.
De ne pas être chercheurs d’or mais pisteurs d’étincelles, traqueurs de murmures et guetteurs de signaux.
De vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Une façon de sauver les ours et de dépouiller les banquiers.
De ne dormir que sur une seule oreille, l’autre tendue, disponible pour les voix de la nuit, les musiques vagabondes, les appels à l’aide d’artistes en fugue.
De devenir alchimiste en transformant, comme dit mon amie Julie, « les larmes en paillettes et la Heineken en champagne ».
Janvier. Je vous présente mes meilleurs vœux. Ce sont les miens.
Patrice Douchet Chorégraphe, réalisateur.
